Alternatifs.fr Drachenhohle de RROSELICOEUR

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Album DRACHENHOHLE
de
RROSELICOEUR

POST-ROCK


Sorti en 2001
Editeur: Partycul System

Liste des chansons de l'album Drachenhohle:
01. The Dark side of Johan L. (3'56)02. CYY 973 (7'40)03. Hôtels et palaces (10'40)04. Crucifix-électrique (4'43)Trilogie Bockahline05. Bockahline Zéro (6'57)06. Bockahline Trans-fer (10'49)07. Bockahline Stellaire (14'09)

Chronique de l'albumDrachenhohle:
Janvier 1994, un hiver prison comme tant d’autre. Un hiver avec pour seule possibilité d’évasion la création. Janvier 1994… Certains découvrent, abasourdis, les beats hypnotiques qui sévissent dans les raves. D’autres s’abreuvent du flow rageur, vengeur, venu des banlieues. Tous cherchent à s’évader de cette société qui les broie. Le monde est en ébullition. Danser. Raper. Oublier. S’oublier. Hurler mécontentements et malaises. Mais, loin de cette agitation revendicatrice, Lou Flanagan, Denis Locar et Sharl-Hot Ganache décident de briser leurs chaînes d’une manière bien différente.Leur projet ? Remettre les sentiments, l’être, ou plutôt l’âme, au cœur de la musique. Une approche originale en forme de quête métaphysique que Rroselicoeur transforme, à l’aide d’une démarche à la fois cérébrale et instinctive, en méditation zen. Sensible et vivante la musique de Rroselicoeur s’exprime librement au travers d’expérimentations fragiles et oniriques, complètement instrumentales, ou l’ego, l’individu, se dilue jusqu’à disparaître.Et ce pari, ce projet, Rroselicoeur le remporte haut la main. Ce trio de multi-instrumentistes, tout à la fois compositeurs et musiciens chevronnés, façonne un univers profond et envoûtant. Un monde imprégné de références prestigieuses (Sonic Youth, Tortoise, Mogwai ou encore Kraftwerk) qui se fondent et se subliment pour créer une œuvre originale pleine de personnalité et d’attraits. Mais, pour parvenir à découvrir cet Eden merveilleux, l’intrépide devra suivre un chemin initiatique en sept étapes. La première, The Dark Side of Johan L., s’offre un clin d’œil malicieux au Pink Floyd. Un titre, annonciateur des réjouissances à venir, qui commence doucement, très doucement. La guitare égraine laconiquement des notes lancinantes et, petit à petit, l’intensité augmente. La mélodie s’enfonce profondément, de plus en plus profondément, dans l’être. Elle grossit, enfle de plus en plus, atteint le point de rupture et explose finalement en un larsen meurtrier. Puis, tel le calme au cœur de la tempête, ce fameux œil du cyclone, le rien prend vie. Une seconde de blanc, de répit inattendu et inespéré, qui laisse la place à Cyy 973. La première étape franchie la deuxième commence immédiatement. Pas le temps de souffler. L’atmosphère de Cyy 973 est lourde, moite. Elle oppresse. Les guitares prennent du poids, s’alourdissent. Elles s’agitent, s’ébattent macabrement dans des boucles de plus en plus sonores, aux limites de l’agressivité, avant de sombrer, elles aussi, dans une cacophonie mélodique de larsens.Et, après tant de tensions, Hôtels et Palaces, luxe et débauche à tous les étages, offre, enfin, un peu de sérénité. Etape obligée, cette troisième plage, magnifique et très aboutie, respecte un équilibre parfait entre guitares et samples, entre douceur et dureté, entre pureté et noirceur. Les instruments, jusqu’alors omniprésents, laissent pour la première fois, et la dernière fois, une place de choix à des sons purement humains. Superbement enchâssés dans un écrin mélancolique, fantomatique, composé de guitares et de beats électroniques des dialogues hallucinés se perdent dans des brumes musicales. Hôtels et Palaces déroule dix minutes d’une musique fantasmagorique où se croise sans se reconnaître le réel et l’irréel. Les notes, les arrangements, s’enchaînent en une logique douce-amère et, emporté par leur propre flot, elles finiront par s’échouer délicatement sur un rivage tranquille, au pied d’un Crucifix-Electrique. Ce quatrième morceau délicat et aérien, emporté par le piano de Denis Locar, clôture doucement la première partie de l’album.Après un summum d’apaisement la deuxième partie, la « trilogie Bockahline », ne pouvait qu’entamer une remonté en puissance. Encore ensommeillée elle débute avec les nappes organiques, un brin hésitantes, de Bockahline Zero. Mais, peu à peu, un rythme se forme, se construit et évolue. Guitare tu étais, guitare tu retourneras. Les boucles de guitares s’enchaînent progressivement et se mélange petit à petit avec de l’électronique pure. Ensemble ils jouent à décliner le thème général du morceau en une structure complexe alternant ruptures, reprises et continuités. Les deux morceaux suivant, Bockahline Trans-Fer et Bockahline Stellaire, apportent une touche plus nerveuse, un son plus fort et plus dur, à cette trilogie. Le dénouement proche, la tension monte encore un peu et Bockahline Stellaire se transforme en une supernova sonore, image même de l’introduction. Le voyage initiatique se finit ici, très exactement là où il avait commencé avec The Dark Side of Johan L.. La boucle est bouclée et les sens désorientés.Alors, Drachenhöhle ?! Un titre en trompe l’œil. Loin du dragon et des carnages annoncés, Rroselicoeur dévoile sa caverne d’Ali Baba. Un lieu étrange, complètement envoûtant, aux mélodies entêtantes, et d’une richesse incomparable où foisonnent le talent et le génie, les idées et les sentiments, la douceur et la violence. Le silence est d’or ? Peut-être. Mais, ici, la musique est un véritable trésor.Vince> Livraison 1 à 2 jours> Egalement disponible "Demios oneiron" http://www.alternatifs.fr/chronique.php?id_art=475&id_album=531"730 000 Dollars" http://www.alternatifs.fr/chronique.php?id_art=475&id_album=529

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